L’eau à Versailles à l’époque de Louis XIV
Randonnée le 14 mars en forêt de Fausses-Reposes
Le Roi Louis XIV choisit Versailles pour y construire son prestigieux château à l’emplacement du petit château de son père Louis XIII. Il aimait cet endroit pas trop loin de Paris entouré de forêts giboyeuses.
La demande en eau pour le château et ses fontaines était très importante. A partir de 1663, le Roi fit chercher l’eau dans toute la région (étang de Clagny, Bièvre, étangs inférieurs par l’aqueduc de Buc, étangs de Trappes, étangs supérieurs jusqu’à Rambouillet). Mais il fallait encore plus d’eau. Il lança un projet pour amener l’eau de la Seine. Ce défi fut relevé par des Liégeois qui maîtrisaient l’évacuation des eaux des mines. En 1685, après 7 ans de travaux, la Machine de Marly est mise en service, elle permettait de relever l’eau de Seine située à 20 m d’altitude jusque sur le plateau de Louveciennes situé à 162 m d’altitude. Là un bâtiment, appelé Pavillon du Jongleur, distribuait l’eau vers Versailles et/ou Marly. Un aqueduc souterrain d’environ 7 km acheminait l’eau à Versailles jusqu’à un petit bâtiment épuratoire desservant les réservoirs de Montbauron via le mur de Montreuil (aqueduc aérien de 1 km). L’eau de Montbauron alimentait les fontaines du château.
Evolutions aux siècles suivants
Longtemps considérée comme une « eau bonne à boire » (translucide, sans odeur, sans saveur, faisant mousser le savon et permettant de cuire les légumes), l’eau de Seine est employée pour l’alimentation des habitants à partir du milieu du XVIIIe siècle. Sa mauvaise qualité conduit Louis XVI à décider la construction d’un système de filtrage pour « apurer » cette eau. Le Pavillon de Filtres est achevé en 1790 au moment de la Révolution Française.
Une nouvelle machine de Marly voit le jour au XIXe siècle, entre autres avec l’installation de pompes actionnées par des machines à vapeur. En 1874, l’eau de Seine est déclarée imbuvable (épidémies). Pour continuer à utiliser toute l’infrastructure de transport et de traitement, l’eau a été alors puisée dans des nappes souterraines proches de la Machine, puis dans les champs captants de Croissy situés de l’autre côté de la Seine. La machine de Marly a cessé de fonctionner en 1964 et le Pavillon des filtres ainsi que le bassin de Picardie ont cessé d’être utilisés. L’eau potable a dès lors été traitée par l’usine ultramoderne de Louveciennes.
Le Pavillon des Filtres
Contrairement à son prédécesseur, situé devant le bassin de Picardie tout proche, qui assurait seulement l’épuration par écoulement sur du gravier et du sable, le Pavillon des filtres contraignait l’eau à traverser des couches successives de graviers et de sable assurant ainsi un vrai filtrage de l’eau qui arrivait par l’aqueduc situé derrière le pavillon. L’eau ainsi filtrée était ensuite distribuée soit directement vers le quartier Notre Dame de Versailles soit dans le bassin de Picardie alimentant les étangs de Montbauron.
Fonctionnement du Pavillon des Filtres
L’eau arrivant de Marly par l’aqueduc souterrain était répartie dans des bacs de filtrage situés de part et d’autre dans le pavillon. Pour améliorer l’efficacité de ce filtrage, le gravier a été remplacé au milieu du XIXème siècle par du charbon de bois. Le nettoyage régulier des bacs se faisait alternativement d’un côté à l’autre, permettant ainsi une distribution continue. Au XIXème siècle, une machine à vapeur a été installée sur le côté du pavillon (disparue aujourd’hui) afin de nettoyer les bacs avec des jets de vapeur sous haute pression.
Parcours dans la Forêt de Fausses-Reposes
Il s’articule autour de l’emplacement des 3 aqueducs de captage creusés à l’époque de Louis XIV et du regard de la conduite du piquage sur l’aqueduc de Marly d’époque Napoléon III prévue pour augmenter la quantité d’eau servant à faire jouer les fontaines du château de Saint-Cloud.
L’eau captée par les trois aqueducs souterrains converge dans la chambre des 3 voûtes sur la route de Versailles à Ville d’Avray.
Puis l’ensemble de l’eau collectée est acheminée par un collecteur busé qui se déverse dans la Grande rigole issue du regroupement des eaux de surface de la forêt. Cela alimente l’Etang vieux puis à la sortie de l’Etang neuf un parcours busé rejoint le château de Saint Cloud.
Il existe de nombreuses rigoles dans la forêt qui alimentent 3 mares (le nom varie), autrefois appelées « Mare aux Daims ».
L’eau rassemblée s’écoule vers les Etangs de Ville d’Avray.
Ces rigoles sont entretenues par l’Association Espaces.